SISTERHOOD FEB

@cinematic_feel

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Identité numérique

Nous instagrammons nos vies. Nous en faisons de l'art, ou encore une business ou tout simplement un album de photo privé. Qui dit art dit artifices, mais est-ce automatiquement artificiel?

À l’heure numérique où les gens projettent une belle vie comme le cinéma projetait des images clinquantes sur écran géant durant son heure de gloire, nous nous sommes concerté(e)s, vendredi dernier, pour réfléchir collectivement sur notre identité numérique.

Est-ce que ça vous est déjà arrivé de parler avec quelqu’un en ligne et d’être déçu(e) après l’avoir vu IRL?

Comme une des participantes l’a mentionné, nous n’avons pas qu’une seule façon d’être. Cela va de soi qu’il soit ainsi pour tous les aspects de notre vie, incluant la facette numérique. Ça ne fait pas de nous des menteur(euse)s ou des hypocrites. Simplement, je me révèle d’une certaine façon avec mes supérieurs au travail, d’une autre manière avec les collègues dont je suis plus proche et de façon totalement différente quand je m’adresse à ma mère ou à ma tante en Haïti. J’ai donc appris à naviguer plusieurs sphères sociales.

Ce qui différencie la sphère numérique de la vie réelle est le fait qu’on puisse, jusqu’à un certain niveau, contrôler notre image, nos mots, nos photos et vidéos. Bref, la vaste étendue de notre empreinte numérique est manipulée.

Au début du web, du temps de la DSL, je pouvais chatter sur MSN pendant des heures avec mes amies que je venais tout juste de quitter. Ce qui est paradoxal aujourd’hui est qu’on a parfois bien du mal à discuter face à face avec quelqu’un avec qui on parle si aisément en ligne. Est-ce que cette habileté sociale se serait perdue sur l’autoroute de l’Internet haute vitesse?

On a appris à partager nos émotions à travers des références culturelles. À coup de GIFs et de memes, d’émoticônes aussi parfois. Mais à la minute où on ne sait plus quoi dire, on est peut-être un peu trop vite à mettre la main sur nos téléphones pour combler le vide, et je m’inclus là-dedans. Sommes-nous devenus mal à l’aise devant le silence? Lors de la soirée, nous avons brassé toutes ces idées ensemble sans nécessairement  arriver à une conclusion claire.

Quant à moi, j’essaie de mettre mon téléphone de côté pour ré-apprivoiser cette pause dans une phrase, cette question en suspens. Il ne devrait pas y avoir de gêne, le silence fait aussi partie de la conversation.


RÉDACTRICE/WRITER: JESSICA BEAUPLAT

Digital Identity

We instagram our lives. We turn them into art, or a business or just a private photo album. Art may seems artificial to some but is it always so?

In this digital era, where people project their highlight reel more than the less glamorous “behind the scenes”, we have gathered collectively, last Friday, to reflect on our digital identity.

Have you ever spoken to someone online and been disappointed after seeing him or her IRL?

As one of the participants mentioned, we do not have just one way of being. I think it's quite normal and the same can be said for all aspects of our lives, including the digital facet. It does not make us liars or hypocrites. Simply, as I reveal myself in some way with my superiors at work, in another way with the colleagues I am closer to and in totally different ways when I’m speaking to my mother or my aunt in Haiti, I have just learned to navigate several social spheres.

What differentiates the digital sphere from real life is that we can, up to a certain point, control our image, our words, our photos and videos. In short, the vast extent of our digital footprint can be manipulated.

At the early stage of web, back in the days when DSL connection reigned supreme, I could talk to my friends on MSN after school for hours. How could I possibly have things to say to people whom I had spent the entire day with shall remain a mystery. What is paradoxical today is that we sometimes have a hard time talking to someone with whom we talk to so easily online. Has this social skill been lost on the high-speed Internet highway?

We have learned to share our emotions through cultural references with GIFs and memes, even emoticons. However, the minute we run out of things to say, we so quickly get our hands on our phones to fill the void, including myself. Have we become uncomfortable with silence? We’ve discussed all these topics without necessarily trying to find a definite answer.

As for me. I’m trying to put my phone aside to get familiar again with the pause in a sentence, the pending question. There is no shame in it. Silence is also part of the conversation.